Un vol étrange
Bonjour ! Je suis détective, je m'appelle Stéphin Martin et je vais vous raconter une drôle d'histoire qui m'a valu ma renommée, il y a maintenant trois ans et six mois, quand j'avais trente ans.
Ce matin-là, comme tous les jours, je
prenais ma tartine et je courais vers ma voiture puis partais. Je me dépêchai
car je savais que ce jour-là j'allai rencontrer des clients peu ordinaires.
C'était ma secrétaire qui m'avait averti que le directeur du service de
contre-espionnage avait laissé un message disant qu'il passerait tôt dans la
matinée. J'arrivai donc à mon bureau à 6h30. Le temps de m'installer et mes
visiteurs étaient déjà là. Celui qui semblait être le chef me tendit une carte
sur laquelle je pus lire : « Police ». Il continua sur sa lancée en
me demandant :
« Avant
de commencer, je me dois de vous demander : voulez-vous prendre en main
l'affaire que nous allons vous soumettre ?
-
Volontiers mais de quoi s'agit-il ?
-
Notre visite ici doit rester confidentielle et l'affaire que nous allons vous
confier est d'un très grand enjeu. Hier matin alors que j'ai ouvert les portes
du quartier général, j'ai vu l'accueil dans un désordre indescriptible. Je me
suis précipité alors dans la salle des coffres et ce que j'ai vu m a glacé
d'horreur : tous les coffres étaient ouverts et vides ! Ils contenaient en
grande partie nos machines à décoder... Voilà le plan des bureaux de l'état
major, dit-il en me tendant une feuille pliée en quatre. Si maintenant vous
avez des questions...
-
Je ne vous en poserai que deux, dis-je. N'avez-vous pas des caméras de
surveillance dans votre état-major?
-
Si, mais nous avons retrouvé le système de commande des caméras désactivé et
notre gardien endormi dessus.
-
Quel est le matricule des sections qui ont accès à la salle des coffres ?
- Il n'y a que la section qui a mis au point les décodeuses, c'est à dire la SIII, qui a accès aux coffres. »
Après m’avoir fait leurs dernières recommandations, les hommes me quittèrent. Je pris alors mon revolver et partis droit au Q.G. du contre espionnage français.
Une fois sur les lieux du crime, je ne trouvai personne pour m'ouvrir les portes. J'empruntai donc la sortie de secours qui n'est rien d'autre qu'un souterrain, pour entrer. Une fois à l'intérieur je m'orientai tant bien que mal vers la salle des coffres. Lorsque j'allai entrer dans le couloir menant à la salle, il me sembla entendre un bruit. C'est pour ça que je décidai d'avancer à pas de loups. Je m'en félicite encore aujourd'hui. J'avançai donc sans faire de bruit. Quand j'entrai dans la salle, ce que je vis me fit dégainer mon revolver...
Un homme était là devant moi. Devant
un des grands coffres, il lisait. Je ne savais pas s'il m'avait vu car il avait
des lunettes de soleil noires. Je le sus bientôt car il eut un mouvement de
recul quand il leva les yeux. Une fois remis de ma peur, je lui demandai:
« Que
faites-vous là ?
-
Euh ! Je m'appelle Cédric Letraire et je viens pour mener mon enquête. Je
travaille ici dans la section SIII. Et vous, qui êtes-vous ?
-
Détective Martin, engagé par ton directeur. Maintenant assieds-toi là, lui
dis-je en lui tendant une chaise, j'ai quelques questions à te poser. D'abord
comment es-tu rentré ici ?
-
C'est le gardien qui m'a ouvert...
-
Admettons... qu’est-ce que ton enquête a donné ?
-
J'ai trouvé un fragment de fer dans le coffre et ce dossier, dit-il en me
tendant un ensemble de feuilles.
-
Bon, maintenant écoute-moi : tu vas analyser ce fragment de fer et relever les
empreintes. Ensuite tu me contacteras dès que tu auras un résultat. Moi je
mènerai mon enquête de mon coté, je te conseille de collaborer avec moi sinon
je serai obligé de dire que tu traînes dans ces locaux, lui dis-je en lui
tendant ma carte.
- D'accord, dit Cédric en partant.»
Je fis un examen rapide de la pièce. Je
trouvai des empreintes sur les coffres, les relevai puis je rentrai. Une fois
dans mon labo, j'analysai les indices. Le résultat me parut stupide mais je
n'eus pas le temps de refaire le test car le téléphone sonna.
« Allô ?
-
Monsieur Martin ? C'est Cédric. Les empreintes qu'il y a sur le fragment
de fer, ne peuvent qu'appartenir au coupable car les femmes de ménage lavent
minutieusement tous les jours l'institut. Je les ai comparées avec celles des
ingénieurs travaillant au Q. G. : ce sont celles de Pierre Gérard, un
chercheur de la SII. Venez vite me chercher, j'ai son adresse !
- D'accord, j'arrive... »
J'arrivai donc assez tôt dans la soirée chez Cédric. Il m'attendait dans la rue. Dès qu'il me vit, il sauta dans ma voiture. Je lui confiai un revolver et lui expliquai comment nous agirions. Une fois arrivés chez Pierre Gérard, le présumé coupable, nous débarquerions sans sonner tambour ni trompette. Nous devions agir avec discrétion...
Nous trouvâmes Pierre Gérard sous sa voiture, il bricolait. Puis tout alla très vite. Cédric braqua son revolver sur Pierre Gérard et le releva doucement, froidement en le dirigeant sur moi. Je vis sa main se crisper. Son doigt appuya sur la détente...
Le coup ne partit pas. Un juron lui échappa. C'était à moi de riposter. Je lui intimai l'ordre de se rendre et de lever les mains. Il me regarda, ricana et sauta dans ma voiture. Le contact était heureusement coupé et j'en profitai pour lui sauter dessus en lui mettant des menottes sous le regard ahuri de Pierre Gérard qui s'était enfin extrait de dessous sa voiture...
Je me souviens d'un reportage passé à la télévision une semaine après l'événement...
« Eh oui, bonjour chers
téléspectateurs. Je vais tout de suite vous passer notre envoyée spéciale au
Palais de Justice à Paris où la cour vient de prononcer son verdict au sujet de
l'affaire du vol au Q. G. du service de Contre-Espionnage Français. Carole,
c’est à vous.
-
Bonjour à tout le monde, j'essaie d'avancer à travers la foule. Nous venons de
voir le détective Martin sortir du Palais de Justice : il arbore un sourire
triomphant. J'arrive à l'atteindre. Alors monsieur Martin, comment avez-vous
deviné que Cédric Letraire était le voleur ?
- Eh bien, avais-je répondu à cette charmante journaliste, beaucoup de choses m'ont paru bizarres. Par exemple quand Cédric m'a affirmé que c'était le gardien qui lui avait ouvert la porte alors que nous étions tout seuls. Ou encore quand j’ai remarqué que les empreintes que j'avais relevées correspondaient avec les siennes. Je me suis alors douté que Pierre Gérard n'était pour rien dans l'histoire et que Cédric était le seul coupable. J'avais pensé juste. C'est pour ça que je lui ai donné un revolver qui n'était pas chargé... »
Timothée