Un inspecteur déterminé
L'inspecteur Flips, un homme d'une
quarantaine d'années, coiffé d'une casquette qu'il ne quittait pratiquement
jamais, venait d'arriver ce matin-là au bureau. Apparemment une journée plutôt
calme s'annonçait. Des va-et-vient habituels, le téléphone qui sonnait : rien
de bien intéressant. Alors qu'il venait de recevoir son courrier, son attention
fut attirée par une lettre. Ecrite à la main, elle ne portait ni signature ni
adresse. Cette lettre lui signalait qu'un meurtre allait être commis. Rien
d'autre n'était indiqué: ni le lieu ni le moment. Il fit expertiser la lettre
mais aucune empreinte n'apparut. Il continua à taper les rapports le reste de
la journée.
Le lendemain, à peine était-il arrivé au
bureau que son téléphone sonna. Une voix sourde lui dit que le meurtre allait
être commis dans la nuit suivante vers cinq heures et raccrocha. L'inspecteur
était de plus en plus inquiet. Aucun indice, aucune piste ne lui indiquait où
le meurtre allait se passer. Dans l'après-midi un deuxième coup de téléphone lui
indiqua le lieu. Le meurtre allait se passer dans le plus grand des parkings de
la ville.
L'inspecteur partit vers les quatre heures
du matin dans le parking pour s'assurer que le meurtre n'aurait pas lieu. Mais
une femme était déjà allongée sur le sol. Il sortit de la voiture pour vérifier
si elle était vivante. Hélas : elle était morte de blessure par balles.
L'inspecteur Flips appela le médecin légiste et tous ses collègues sur les
lieux.
Soudain, il entendit un bruit de
pas. Il vit l'ombre d'un homme qui courait. Il cria : « Police,
arrêtez ! » Et c'est à ce moment que commença la course poursuite de
l'inspecteur avec le fuyard. Il faisait sombre et l'inspecteur se repérait plus
au bruit de pas de la personne qu'il poursuivait. Il se rapprochait de plus en
plus et il réussit enfin à neutraliser le fuyard. A cet instant, la brigade
arriva et emmena le suspect au commissariat. L'inspecteur commença
l'interrogatoire. A la fin de la journée il était toujours au même point. Le
suspect se disait innocent. Des examens furent faits sur le sang de la victime
ainsi que sur les traces de sang remarquées sur les vêtements du suspect, un
certain Monsieur Cornille. Malheureusement, les résultats ne correspondaient
pas. La personne s'était blessée lors de son arrestation et c'était bien son
sang qu'il y avait sur ses vêtements et non pas celui de la victime. Monsieur
Cornille fut donc relâché et l'enquête reprit.
Dans le sac de la victime,
l'inspecteur trouva un carnet d'adresse. Son regard fut attiré par un nom et un
numéro de téléphone qui étaient barrés. Cela l'intrigua. Il décida de se
renseigner sur la personne en question.
Apres avoir eu l'adresse,
l'inspecteur se rendit sur place. La maison avait l'air déserte. Aucun bruit,
aucun chien ni chat et les volets étaient fermés. Rien qui indiquait la
présence de quelqu'un.
Toute la police cerna la maison et
commença un travail de surveillance. Après de longues heures d'attente, une
voiture arriva et se gara devant la porte. Un homme en descendit tout en
regardant autour de lui, l'air méfiant. Comme tous les policiers et
l'inspecteur étaient bien cachés, il ne se rendit pas compte que l'endroit
était surveillé.
Une fois devant la maison, Monsieur Flips
fit signe à ses hommes qu'ils allaient agir. Tout le monde se mit donc en place
et l'inspecteur frappa à la porte et franchit le seuil sans attendre de
réponse. L'homme qui était entré voulut s'enfuir par une fenêtre mais les
policiers étaient bien postés à toutes les issues et le suspect fut arrêté.
L'inspecteur lui prit ses papiers et c'est alors qu'il vit que c'était le mari
de la victime.
Il apprit, après que l'assassin lui eut avoué le meurtre, que sa femme venait d'hériter d'une grosse somme d'argent qui lui aurait permis de sauver son entreprise si elle avait voulu l'aider. Mais comme elle ne voulait rien lui donner, il avait décidé de la supprimer pour hériter d'elle en essayant de faire passer ce meurtre pour un meurtre crapuleux.
Céline