Crime dans la cuisine

            Le collège Peur-Bleu au centre ville de Montpellier, un collège où la vie scolaire est située à gauche du bâtiment. Ce soir-là, Dévi Nette, l'enfant sans cœur, avait reçu plusieurs heures d'intérêt général : il devait nettoyer la cantine pour sa mauvaise conduite envers les autres élèves, car il avait lancé des petits pois sur sa sœur. « Par où commencer ? » se demandait-il.

            Il alla chercher le balai quand, soudain, il vit le chef cuisinier, Alain Terrieur qui avait la tête dans la friteuse, ses cheveux décolorés par l'huile bouillante et le visage sanguinolent. Dévi était terrorisé, il courut prévenir la principale qui se dépêcha d'alerter la police.

Toute cette agitation attira beaucoup d'élèves et deux d'entre eux, qui étaient des passionnés de romans policiers, décidèrent de sauter sur l'occasion pour réaliser leur rêve d'être des détectives. L'une s'appelait Evi Dament, avait treize ans, les yeux noisette et les cheveux bruns. L'autre Paul Icier, avait le même âge, était blond aux yeux bleus.

Un inspecteur de police nommé Genty fut désigné pour mener l’enquête : comme il ne connaissait pas le collège, il prit deux élèves pour l'aider à s'y retrouver. Il vit Evi et Paul lire un livre qui s'appelait « Enquête au collège ». Il alla voir ces deux élèves et leur demanda :

« Les enfants, connaissez-vous bien le collège ?

Ils répondirent ensemble :

- Oui, on le connaît bien !

- Je vois que vous aimez lire, dit-il.

- Oui, on adore ça, surtout les romans policiers ! s'exclama Evi.

- Vous vous y connaissez en indices, crimes et le reste.

- Oui, on s'y connaît, dit Paul.

- Alors, vous allez m'aider à me repérer dans le collège et à retrouver le coupable. »

Tous les élèves furent renvoyés chez eux afin de faciliter l'enquête, tous à part Evi et Paul. Nos trois héros se rendirent sur les lieux du crime.

Ils fouillèrent les cuisines et trouvèrent un cutter sur la table, un saumon décongelé à côté de la victime, une paire de faux ongles, une mèche de cheveux roux et une boucle d'oreille, tout ça par terre. M.Genty demanda qu'on lui envoie des hommes pour transporter le corps et envoyer la mèche dans un laboratoire.

Le lendemain, Evi et Paul se levèrent tôt, étalèrent tout ce qu'ils avaient trouvé la veille. Après avoir longuement réfléchi, ils émirent quelques hypothèses. Le coupable pouvait être M. Serrement, professeur de mathématiques, marié à la principale : il trouvait que sa femme passait trop de temps avec le cuisinier et pensait qu'elle le trahissait. Mais le coupable pouvait être aussi, un ou des élèves qui se plaignaient de ce qu'ils mangeaient, et le cutter appartiendrait alors à un de ces élèves. Il y avait également Alex Terrieur la femme du cuisinier, car elle avait les cheveux roux et portait de faux ongles. Le dernier suspect serait la principale : elle avait la même boucle d'oreille que celle retrouvée sur les lieux du crime.

Pendant plusieurs jours, les détectives et ses amis cherchèrent les personnes dont les cheveux étaient roux. Ils en dénichèrent quatre : trois élèves et bien sûr Alex Terrieur. Evi consulta les cahiers d'absence de la classe de chacun des élèves. Elle s'aperçut que les trois enfants étaient en cours à l'heure du crime et ne pouvaient pas être coupables.

Il fallut ensuite interroger les témoins. Le commissaire s’en occupa. M. Hochet, un professeur de biologie, fut le premier interrogé. Le commissaire rit en apprenant son prénom car il s’appelait Ric, mais bon... ce n'était pas le problème. M. Hochet accepta de répondre à ses questions. Un véritable dialogue de sourds s'engagea :

« Voyez-vous, il se faisait tard, j'avais quelques affaires à ranger. Hors figurez-vous que la salle des professeurs, là où je me rendais, se trouvait près de la cuisine et c'est donc en y allant que cela s'est passé : j'ai entendu d'étranges bruits.

- Avez-vous vu le meurtrier ? questionna M. Genty.

- Non, je ne l'ai pas vu, mais vous savez, à mon âge, on a des problèmes de vue. Je porte des lunettes et je vais souvent chez l’opticien... »

M.Genty commençait à s'impatienter, car ce professeur de biologie s'éloignait un peu du sujet. Il l'interrompit dans sa phrase.

« C'est bon, Monsieur, pouvez-vous me dire si vous avez remarqué quelque chose ? »

-...Mais, en revanche, j'ai entendu des bruits de bagarre, continua M. Hochet.

- Quelle est la dernière personne qui est entrée dans la cuisine ?

- Ça doit être Dévi Nette.

- Merci, Monsieur, et attention à vos yeux ! »

Les trois héros se réunirent à la récréation pour que M. Genty leur communique ces nouveaux renseignements.

«  Procédons par élimination, proposa M. Genty.

- Les élèves étaient en cours : ils n'auraient pas pu faire cela ; enlevons donc cette hypothèse, ajouta Evi.

- Au fait, hier, j'ai vu la principale avec cette fameuse boucle d'oreille, elle en a changé aujourd'hui, déclara Paul.

- Bien, allons l'interroger, conclut M. Genty. »

Ils se rendirent chez la principale et dirent :

«  Bonsoir, Madame, je désire avoir des renseignements concernant le meurtre. Que savez-vous à ce sujet ?

- Je ne sais pas grand-chose, mais je pense tout simplement que ce sont des élèves. Vous savez je n'ai pas le temps de chercher des indices, de toute façon je peux vous faire confiance pour ça.

- Que savez-vous d'autre ?

- Ça me revient, à cette heure-ci mon mari était parti, il était jaloux parce que je passe beaucoup de temps avec le cuisinier. Il est allé le voir pour discuter et au même moment il aurait pu le tuer, mais je ne l'accuse pas. Moi je trouve qu'il passe trop de temps avec l'autre là, c'est quoi son nom déjà ? Ah oui ! Alex Terrieure !

- Nous avons trouvé une de vos boucles d'oreille ! » s’exclama Evi.

Quand la principale entendit cette phrase, elle s'étonna.

«  Ce n'est pas possible. »

Ils abandonnèrent l’interrogatoire.

«  Madame, on va vous laisser réfléchir, » dit le commissaire.

Après être partis, Evi, Paul et Genty allèrent dans le QG secret qui se trouvait sous une table au fond d'un restaurant. Evi dit :

« M. Serrement avait donc des raisons d'être jaloux du cuisinier, mais il n'est pas roux.

- Il aurait donc eu un complice. Mais qui ? se demanda Paul.

- Probablement une femme, répondit le commissaire. »

Les détectives ne savaient plus où chercher pour trouver le complice alors ils rentrèrent chez eux. Dès que Paul fut chez lui, il sentit une odeur de gaz tout à fait inhabituelle. Au fond de l'appartement, des pas faisaient écho aux siens. Dans le salon, un voile de gaz se dessinait tandis qu'un cliquetis résonnait dans le buffet où étaient rangés les couverts. Cette présence de gaz provenait probablement du sous-sol. Pourtant il ne l'avait pas senti dans les escaliers. Les bruits de pas se rapprochaient, faisaient craquer le sol. Paul eut la présence d'esprit de s'enfuir en courant. Il dévala l'escalier à toute allure, mais il vit que la poignée de la porte était cassée. Il descendit au sous-sol. Il se trouva piégé. Ce moment parut une éternité à Paul. Un cutter à la main, prêt à bondir sur sa proie sans défense, le tueur arriva, sûr de le tuer. Mais Paul eut le réflexe de plonger sur le côté avant de voir le visage cagoulé de son assaillant se heurter contre la paroi du mur.

En passant par l'issue de secours, Paul s'échappa : il avait semé l’agresseur. Après, il alla au commissariat de Montpellier dans le but d'informer l’inspecteur, mais le commissariat était fermé pour cause de grève. Alors, il alla directement chez l’inspecteur, mais il se trouvait que ce dernier n'était pas là. Paul partit aussitôt chez Evi et lui raconta sa péripétie. Evi était heureuse et Paul ne comprenait pas pourquoi. Evi dit :

« Ne sois pas idiot, le coupable doit forcément avoir une blessure à la tête. Demain, nous saurons enfin qui est l'assassin.

- Tu es géniale !»

Le lendemain, le collège reprit ses activités comme si de rien n’était, mais tout le monde vit que Dévi avait un bandage sur le visage. Le commissaire l'interrogea :

« Comment t'es-tu fait ça ? 

- En me cognant contre un mur, répondit Dévi.

- Où étais-tu hier ? »

Dévi ne voulut pas répondre et le commissaire l'arrêta. Même s'il clamait son innocence, il fut mit en garde à vue.

Alex Terrieure avait elle aussi un bandage. Le commissaire l'interrogea, posa la même question et il eut le même motif. Alex se fit arrêter, elle avoua tout : Dévi n'y était pour rien. Il fut relâché directement.

Cependant, nos jeunes détectives remarquèrent que M. Serrement était absent. Ils prirent l'initiative d'aller espionner chez lui sans rien dire à personne. Ils découvrirent que M. Serrement avait lui aussi un bandage. En s'introduisant chez lui, ils découvrirent une boucle d'oreille identique à celle qu'ils avaient trouvés sur les lieux du crime. Mais à ce moment-là, M. Serrement surgit, fou de rage, son cutter à la main. Nos deux héros eurent juste le temps de se saisir des indices et de s'enfuir, poursuivis par Serrement encore affaibli par sa blessure. Ce dernier abandonna la poursuite. Plus tard, il fut interpellé par le commissaire. Il avait bien assassiné le cuisinier avec la complicité de Mme Terrieur.

Paul et Evi expliquèrent leur hypothèse : selon eux c’était M. Serrement qui avait assassiné le cuisinier avec la complicité d’Alex Terrieur car ils étaient jaloux. Ils avaient placé une des boucles d'oreille dans la cuisine pour faire soupçonner Mme Serrement, la principale. M. Serrement avait agressé Alex pour que les soupçons pèsent sur elle.

Paul dit : « S’il m'a agressé, c’est parce que j'étais une menace pour lui. »

Une fois l'affaire résolue, ils reprirent tous une vie normale.    

Clément