Un assassinat à Dineyland
Le 31 décembre, la famille Le Maréchal réveillonnait à Disneyland . La parade de Disney battait son plein : musiques, rires, chants, défilés sous les feux d'artifice… Deux heures après les douze coups de minuit, alors que les spectateurs de la parade avaient regagné leurs hôtels, l'inspecteur Le Maréchal et sa femme firent une curieuse découverte : le corps de Mickey était étendu de tout son long sur le trottoir ; trois balles l'avait transpercé : une à la tête, une au ventre et une à la jambe. Après quelques recherches, l'inspecteur trouva un papier d'identité sur la victime. Ce soir-là, c'était monsieur Duchamp qui jouait le rôle de Mickey. L'inspecteur regarda de tous les côtés et aperçut un homme qui avait l'air louche : il était assez grand, brun. Il semblait boiter et se dirigeait vers un petit sentier entre deux attractions. L'inspecteur raccompagna d'abord sa femme à l'hôtel, il prévint ensuite la sécurité du parc.
Le lendemain, l'inspecteur
Le Maréchal commença une enquête sur cet étrange crime du jour de l'an. Il
décida d'abord d'aller parler à l'homme qu'il avait aperçu la nuit du meurtre.
Grâce à la description de monsieur Le Maréchal, la
sécurité du parc retrouva facilement l'adresse de ce monsieur: il s'agissait de
monsieur Lopez. Il habitait au fond du parc. L'inspecteur s'y rendit et
l'interrogea. Il commença ainsi :
« Je suis l'inspecteur Le Maréchal et je
voudrais vous questionner à propos du meurtre de monsieur Duchamp, celui qui
tenait le rôle de Mickey hier soir. »
La maison du suspect était
décorée comme un château : de grands tableaux sur tous les murs. L'homme
répondit :
« Je vous écoute.
Bon,
dit l'inspecteur, pour commencer avez-vous vu quelqu'un tirer sur monsieur
Duchamp?
Non,
mais j'ai vu une personne sortir de "l'attraction des pirates" avec
un pistolet à la main.
Pourriez-vous
me la décrire?
Non,
il faisait nuit : j'ai remarqué cependant qu'elle portait un imperméable sombre
et un chapeau marron et avait comme un problème à un bras.
A
quel bras?
Au
bras gauche.
Je
vous remercie, dit monsieur Le Maréchal, j'ai maintenant une autre question à
vous poser. Où étiez-vous au moment où vous avez vu cet homme sortir de cette
attraction?
Euh…
J'étais dans la rue.
Où
? Dans la rue ? Donc vous avez vu monsieur Duchamp tomber ?
Non,
car il y avait trop de monde.
Bon,
je vous remercie et vous demande de rester à la disposition de la police :
veuillez ne pas quitter Paris. Au revoir. »
L'inspecteur repartit et
rentra à son hôtel. Il rencontra dans le hall un homme qui portait un bandage
au bras gauche. Il s'arrêta à l'accueil et se renseigna :
« Qui est cet homme qui souffre du bras
gauche ?
C'est
monsieur Ford le propriétaire de l'hôtel. Pourquoi ?
Pour
rien ! Pourriez-vous me prendre un rendez-vous avec lui ?
Oui,
bien sûr, demain à dix heures. Ça, vous va ?
Oui
ça devrait aller, alors à demain. »
L'inspecteur partit s’enfermer dans sa chambre .
Le
lendemain, à neuf heures cinquante-cinq, il était déjà devant l'accueil de
l'hôtel. Quand il entra dans le bureau de monsieur Ford, il remarqua sur le
bureau la photo d'un jeune homme souriant. Il commença ainsi :
« Bonjour,
je me présente : je suis l'inspecteur Le Maréchal.
Bonjour,
que puis-je faire pour vous ? répondit le directeur.
Voilà,
connaissez-vous cet homme ? dit l'inspecteur en montrant la photo de la
victime.
Non,
désolé.
Et
où étiez-vous hier à minuit ?
J'étais
à la parade de Disneyland avec mes enfants, pourquoi ?
A
minuit précise, où étiez-vous et que faisiez-vous ?
J'étais
dans "l'attraction des pirates."
Ah
bon ? Et je peux savoir pourquoi à cette heure-là, on vous a vu sortir avec un
pistolet à la main ? dit l'inspecteur en s'énervant.
Du
calme, répondit tranquillement monsieur Ford, j'étais dans cette attraction car
… »
Il ne put finir sa phrase car il fondit en larmes.
L'inspecteur lui demanda :
« Pourrais-je vous demander pourquoi vous
pleurez ainsi?
Veuillez
m'excuser, je vous dirai tout demain, venez à la même heure. »
L'inspecteur fut ému par les pleurs de monsieur Ford. Il sentit alors que le
directeur n'était pas le coupable, et préféra suspendre l'interrogatoire.
L'inspecteur, déçu, partit et alla rejoindre sa femme et ses enfants à Disneyland. Ils s'amusèrent toute la journée. Le soir, fatigué, l'inspecteur se coucha, ayant à l'esprit une question qui restait pour l'instant sans réponse : pourquoi monsieur Ford était-il tombé en pleurs ?
Le lendemain, l'inspecteur
revint au le bureau de monsieur Ford qui était déjà là et qui lui dit :
« Bonjour inspecteur, je vous en prie entrez.
Bonjour,
j'espère que vous avez des explications à me donner.
Oui,
voilà, mon fils se droguait et il en est mort l'année dernière.
C'est
lui sur cette photo ? coupa l'inspecteur.
Oui
! C'est bien lui. C'est aussi le cas du fils de monsieur Lopez. Ils étaient
amis. C'était l'infâme monsieur Duchamp qui leur procurait ce poison. J'avais
juré de me venger : je voulais le tuer le 31 décembre à minuit. Mais quelqu'un
d'autre l'a fait sous mes yeux.
Avez-vous
vu l'assassin ?
Oui,
je crois…
De
qui s'agit-il ?
Je
crois qu'il s'agit de monsieur Louis, le directeur du parc.
Comment
est-ce possible ?
Monsieur
Louis a perdu patience car monsieur Duchamp lui devait de l'argent depuis trois
mois.
Êtes-vous
sûr de ce que vous dites ? coupa l'inspecteur.
L'an
dernier monsieur Louis était le fournisseur de drogue de monsieur Duchamp
jusqu'au jour où monsieur Duchamp a décidé de ne plus payer monsieur Louis.
Comment
savez-vous tout cela ? demanda l'inspecteur.
Après
la mort de mon fils, j'avais fait ma petite enquête ; je suis remonté jusqu'à
monsieur Louis.
Pourquoi
n'avez-vous pas dénoncé monsieur Louis à la police ?
Je
n'ai pas confiance en la justice.
Vous
avez tort mais je vous comprends. »
Sachant tout
cela, l'inspecteur Le Maréchal arrêta monsieur Louis. Celui-ci avoua très vite
avoir tué monsieur Duchamp.
Encore une fois, l'inspecteur Le Maréchal avait profité de ses vacances pour mener à bien une enquête.
Anaël