Nuit étrange

Je vais vous raconter une histoire digne d'intérêt : le crime le plus extraordinaire au monde. A cette époque j'avais vingt-cinq ans et j'étais journaliste. Tout commença un jour que j'étais à mon bureau :
« Au travail Sherlock (mon patron m'appelait Sherlock mais mon vrai nom est Philippe.)
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Une nouvelle affaire rue Monchignon. Allez-y tout de suite ! »
            Je préférais ne pas faire de commentaire. Je me rendis rue Monchignon. L'endroit où avait eu lieu le crime était facile à repérer car c'était rempli de policiers tout autour. Un gendarme m'empêchait de passer.
« Je suis reporter, je m'appelle Philippe Lepetit . »
Le policier me laissa passer. J'étais fort étonné de ne pas avoir dû insister pour aller sur le lieu du crime. Je vis l'inspecteur.
« Que s'est-il passé ?
- Suivez-moi. »
On traversa une pièce jusqu'à ce qu'on arrive devant le cadavre. J'eus un choc : c'était mon cousin Jacques Antichance .
« Comment est-ce arrivé ?
- C'est extraordinaire, votre cousin était dans cette pièce verrouillée de l'intérieur. Il nous a appelé à seize heures, nous sommes arrivés juste dix minutes après son coup de téléphone. Nous avons défoncé la porte et il était étalé là. Ce qui est incroyable, c'est que l'assassin n'a pas pu s'enfuir : la fenêtre était ouverte, mais elle avait des barreaux et nous, nous bloquions la porte pendant que certains policiers fouillaient la pièce. Le corps n'avait pas de blessure ni de coups et il n'a pas été étranglé . »
 A ce point bien précis du récit, je décidai de mener mon enquête. Je demandai à l'inspecteur :
«  Qui a reçu le coup de téléphone ?
-  Le lieutenant Capel. Il est allé seul sur les lieux du crime, puis il a appelé des renforts. »

Je me penchai encore une fois sur le corps et je remarquai à un endroit précis qu'il avait des cheveux aplatis. Je ne fis pas part de ce détail à l'inspecteur et je me retirais de la pièce ; puis je sortis du bâtiment perplexe. Je ne me souviens pas très bien de la suite, c'est pourquoi je vais me référer à mon journal de bord car j'avais à l'époque la manie de tout noter. Laissez-moi ouvrir mon journal à la bonne page ... Voyons … : « Journée du 4 octobre 2004 » ... Ah oui, ça y est, je me souviens !

Après la découverte du crime, je décidai d'aller boire un coup au bistrot . Je passai devant un magasin qui vendait des télévisions : « Un prisonnier qui s'appelle Robert les Pasta vient de s'échapper ! » Après avoir écouté cette information, je me demandai immédiatement s'il n'y avait pas un rapport  avec le meurtre de mon cousin. Je regardai le visage du prisonnier qui venait d'être diffusé et je décidai d'aller interroger les voisins de mon cousin en renonçant au bistrot. Une demi-heure plus tard, j'arrivai rue Monchignon.

« Madame avez-vous vu quelqu'un d'étranger à la rue venir hier ou ce matin voir mon cousin ? demandai-je à la voisine.

- Oui : hier si je me souviens bien, il y avait l'inspecteur.

- Et que venait-il faire ?

- Parler d'oiseaux avec votre cousin. Vous ne saviez pas qu'ils étaient tous deux ornithologues ?

- Non !... Merci madame, au revoir. »

Je me retirai et pensai : « Des spécialistes d'oiseaux ? Bizarre ! »

Je rentrai chez moi perplexe. Je me mis à raisonner :

« Si le tueur n'a pas pu passer par la porte , il est donc entré et sorti par la fenêtre . Mais aucun homme n'aurait eu la possibilité d'y arriver à part un objet ou un animal, dis-je en pensant aux oiseaux . Et qui pourrait contrôler un oiseau ? Un ornithologue comme l'inspecteur, c'est vrai : il n'attire pas les soupçons. Ou alors le prisonnier qui s'est échappé ? »

Je me rendis devant la prison et je tentai une expérience très simple : « Le meurtre a eu lieu de seize heures à seize heures dix. Le prisonnier s'est échappé à quinze heures trente à pied. » Je me mis donc à courir et j'arrivai rue Monchignon tout essoufflé. « J'ai mis une heure pour arriver jusqu'à la maison de mon cousin. Le prisonnier n'aurait jamais pu lâcher l'oiseau ou autre chose en si peu de temps. » Je remarquai alors à côté de la fenêtre, une empreinte de pas très particulière. C'était celle de l'inspecteur, je l'avais déjà vue près de la maison de la victime car il y avait du béton qui n'était pas encore sec. Ce jour-là l'inspecteur y avait marché.

Je pris mon téléphone et appelai un ami policier. Je lui fis part de mes indices et hypothèses. J'ajoutai que c'était certainement un oiseau qui tuait ses victimes grâce à son bec enduit de poison, comme les serpents, je suppose. Car l'analyse des tissus du cadavre montrait des doses importantes de cyanure. Mon ami appela quelques hommes et nous nous rendîmes au domicile de l'inspecteur. On l'accusa de meurtre. Il dit alors : « Vous êtes très fort d'avoir deviné, mais ce n'était pas un oiseau, et je ne vous révélerais jamais mon secret . »

Tout en disant cette phrase, il prit son pistolet et se tira une balle dans la tête.

C'est la fin de cette enquête et aujourd'hui on ne sait toujours pas de quel animal il s’agissait. Ce sera un mystère éternel.    

Antoine