Meurtres dans le noir
Bernard Lewis était policier à Montpellier.
Il avait l'habitude des affaires bizarres, mais ce qu'il vit le soir du 12 juin
1999 l'étonna vraiment. Il y avait une femme étendue par terre, un liquide
visqueux et vert à coté d'elle, une arme étrange posée sur son ventre, du sang
dégoulinait de sa tempe. Elle était plongée dans le noir, aucune fenêtre ni
ampoule n'éclairait la scène. C'était le troisième meurtre de ce genre. A
chaque fois, les victimes étaient tuées puis amenées dans des caves. Bernard
décida de mener une enquête. Il interrogea les familles des victimes, puis le
mari de la dernière. Il apprit que toutes avaient connu un certain Damien
Lefort, et que certaines d'entre elles avaient eu une relation avec lui. La
dernière, Valérie Fox, travaillait avec lui : ils étaient avocats. Damien avait
inventé de drôles d'armes. Mais il semblait hors de cause, car à chaque fois
qu'il voyait du sang, il s'évanouissait.
Le lendemain, le téléphone sonna au
commissariat :
«
Allô ? Police montpelliéraine, j'écoute !
-
Chef, on a trouvé un nouveau corps ! C'est toujours le même fou !
-
Où ça ? demanda Bernard.
-
315, rue de la Loge, répondit l'autre policier.
-
Bien, dit Bernard, j'arrive dans dix minutes.
-
On vous attend, chef. »
Il arriva rapidement sur les lieux.
« Vous
avez trouvé des indices ?
-
Oui, un portefeuille avec la carte d'identité et le permis de conduire de
Damien Lefort.
- Il faudra que je lui parle à celui-là », dit Bernard.
L'interrogatoire de Damien ne fut pas
concluant : il raconta qu'il s'était fait voler son portefeuille. Bernard le
relâcha. Au cours des deux semaines qui suivirent, trois autres corps furent
retrouvés et toutes les preuves pesaient encore contre Damien. Bernard
l'interrogea à nouveau, mais il avait un alibi pour chaque meurtre. Bernard ne
savait plus que penser. Un nouveau meurtre fut commis, et ils retrouvèrent
l'arme du crime sur laquelle était gravé " D.Lefort ". L’avocat fut
jugé, mais il n'eut aucun mal à se défendre et fut acquitté.
Un mois passa sans qu'aucun autre meurtre
ne soit commis. Mais un soir, en rentrant chez lui, Bernard vit qu'il avait un
message sur son répondeur qui disait : « Essaie de m'arrêter une nouvelle
fois et tu mourras. »
Le lendemain, Bernard se rendit chez Damien
avec quatre autres policiers dans le but de le mettre en prison une bonne fois
pour toutes. Lorsqu'ils arrivèrent là-bas, la concierge leur dit :
« Si
vous cherchez Damien, il est parti à Paris il y a une semaine.
-
Combien de temps va-t-il y rester ? demanda l'un d'eux.
-
Il est parti pour un mois.
- Bien nous reviendrons, dit Bernard. »
Cinq jours plus tard, un policier parisien
appela Bernard au commissariat :
« Bonjour !
Je suis l'un de vos collègues parisiens, et j'ai lu dans le journal les meurtres
sur lesquels vous enquêtez.
-
Oui et alors ?
-
Eh bien, j'ai eu un cas similaire.
-
J'en étais sûr, marmonna Bernard.
-
Comment ? demanda l'autre policier.
-
Notre suspect numéro un est allé, il y a environ deux semaines, à Paris pour un
mois, répondit Bernard.
-
Comment s'appelle-t-il ?
-
Damien Lefort. »
Les meurtres continuèrent tandis que Damien restait introuvable. Bernard avait beau chercher, mener des enquêtes, interroger ses proches, Damien était invisible.
Un jour cependant, Bernard trouva une piste
: il entendit parler d'un tueur en série qui tuait et emmenait ses victimes
dans des caves en répandant un liquide vert et visqueux autour d'elles. Cela se
passait à Cessenon, un petit village à coté de Béziers. Il appela le
commissariat pour que quelques policiers aillent avec lui afin d'arrêter
Damien.
Deux heures plus tard, ils arrivèrent à
Cessenon et se mirent immédiatement au travail. Au bout de deux jours de
recherches, ils trouvèrent un corps. Mais cette fois-ci, ce n'était pas une
femme, c'était Damien lui-même. Bernard déplora :
« Et
voilà : on retombe au point de départ. Le pauvre… dire qu'il était
réellement innocent.
-
Chef, il a drôlement dû s'agripper à son agresseur car il lui a arraché un bout
de tissu.
-
Bien, on va le faire analyser. »
Les examens montrèrent qu'il y avait sur le tissu les empreintes digitales de Damien et celles d'un autre homme qui s'appelait Virgil Askin. Bernard alla l'arrêter puis l'interrogea. Virgil avoua tous les meurtres et expliqua qu’il s’agissait d’une vengeance car il avait eu des problèmes avec la justice. Il expliqua que Damien était l'avocat de la partie adverse. A cause de lui, il avait passé cinq ans en prison. Virgil fut jugé et condamné à la prison à perpétuité.
Deux ans plus tard il s'évada et alla vivre sur une île déserte. Il ne fut jamais retrouvé.
Florian