Le vol

Trois jeunes amis d’enfance, Caroline, David et Valentin se retrouvaient tous les mercredis après-midi dans le grenier d’une confiserie pour partager une passion : «Les énigmes policières ». David avait des cheveux bruns, il était grand et maigre avec un regard malicieux. Caroline était plutôt petite avec de grands yeux bleus et de longs cheveux  blonds, elle était vive comme l’éclair. Valentin était un garçon rondelet, avec des taches de rousseur sur les pommettes, il était timide, rougissait facilement mais plein d’astuces.

Ce mercredi-là, ils rentrèrent chez eux un peu plus tôt car il faisait froid. Sur le chemin du retour, Valentin aperçut des débris de vitres sur le trottoir de la maison de madame Huguette Apent. Il vit que la vitre de la porte était cassée. Soudain, les enfants entendirent quelqu’un crier. Il se précipitèrent à l’intérieur et virent madame Veaudoux. C’était une amie de la mère de Valentin:

- Madame Veaudoux, qu’est-ce que vous faites là ? demanda Valentin.

- Madame Huguette Apent  m’a chargée de veiller sur sa maison pendant son absence et je viens de m’apercevoir que son coffre–fort est vide.

- Est-ce que vous savez ce qu’il y avait dedans ? demanda David.

- Non, je ne sais pas, dit madame Veaudoux d’un air désespéré.

David trouva un morceau de tissu rayé accroché à la porte du bureau. Les trois amis virent s’enfuir un homme avec sa veste déchirée tenant sous le bras un cheval noir. Caroline appela son oncle qui était inspecteur de police. Pendant ce temps David et Valentin essayèrent de rattraper l’homme mais il disparut dans une ruelle.

            Ce cheval n’était pas inconnu à Caroline:

- Mais où l’ai-je donc vu !

David se retourna et montra du doigt  une affiche de spectacle. Valentin s’approcha et lut : « Le grand Far West, tous les soirs à partir de dix-huit heures dans les anciennes  carrières de la ville. »

Tous les trois décidèrent de s’y rendre le lendemain. Dès la première heure, ils prirent le premier autobus. Arrivés sur les lieux, une autre ville les attendait, «le Far West ».

            Ils regardèrent tout autour d’eux : émerveillée, Caroline  s’écria:

- Waouh ! C’est gigantesque!

Les acteurs étaient en pleine répétition. Les enfants eurent cependant le droit de visiter. En se baladant David aperçut un homme dont la veste était déchirée et de même couleur que celle du voleur.

- Regardez ! Il est là ! Valentin, tu le surveilles, dit David, moi en attendant je vais chercher des preuves. Pendant ce temps Caroline tu appelles ton oncle, de ton portable.

Une heure après, l’oncle arriva sur les lieux, il leur demanda quels indices ils avaient trouvés.

- J’ai trouvé derrière une roulotte le carton avec le cheval noir, une paire de gants en latex. Là, regardez ! Notre homme est en train de rentrer dans la roulotte dans laquelle je viens de prendre les preuves. Il est accompagné d’un énorme chien, dit David.

- Attendez monsieur, j’ai quelques questions à nous poser ! dit l’oncle de Caroline.

- Oui, à quel sujet?

- Je suis inspecteur de police et j’aimerais bien savoir ce que vous faisiez hier en fin d’après-midi?

- Je préparais les chevaux pour le spectacle.

- Cette roulotte vous appartient?

- Oui, je la partage avec mon frère.

- Qu’avez-vous fait à votre veste?

A ce moment, Valentin sortit de sa poche le morceau d’étoffe. Les rayures n’étaient pas disposées de la même façon.

- Mais, c’est un morceau de la veste de mon frère ! dit l’homme.

- Où est votre frère ? dit l’oncle de Caroline.

- Il est au saloon d’en face.

- Merci bien! dit l’inspecteur.

Le saloon était en pleine effervescence : le spectacle avait commencé. Le groupe se sépara. Dans une vaste salle, des hommes jouaient aux cartes, d’autres écoutaient une jeune femme en train de chanter. Un homme grand et maigre pianotait un air connu sur son piano. L’oncle de Caroline fit arrêter le spectacle, demanda aux gens de sortir un à un en lui donnant leur identité. A ce moment-là, l’homme au piano se leva, ouvrit le piano, en sortit un sac, et prit la fuite par la porte de derrière.

            Les enfants le virent partir, et se mirent à lui courir après en escaladant des éboulis ; mais au bout d’un moment, ils ne savaient plus où leur suspect était passé. Valentin trouva un revolver sur un chemin caillouteux, il le ramassa à l’aide de son mouchoir pour ne pas effacer les empreintes.

- C’est sûrement à lui? Il a dû passer par-là.

Les trois amis continuèrent leur poursuite. Très vite, ils se retrouvèrent tous les quatre. De peur, l’homme mit sa main à la taille.

- C’est ça que vous cherchez? demanda Valentin en montrant le revolver.

A cet instant-là l’oncle de Caroline arriva par derrière, sauta sur l’homme, lui mit les menottes et prit le sac de sa poche.

- Voulez-vous bien me suivre au commissariat, dit l’oncle de Caroline.

L’homme  se laissa guider.

Arrivé sur les lieux, il fut mis dans une pièce noire où il y avait une table et deux chaises. Les deux hommes s’assirent. L’oncle de Caroline alluma une lampe qui était posée sur la table et l’interrogatoire commença:

- Nom, prénom, dit-il.

- Marc, Lespinasse.

- Date de naissance?

- Le premier mai 1975 à Paris.

- Adresse?

- Pas de domicile fixe.

- Pourquoi avez-vous un sac avec un lingot d’or sur vous?

Il ne répondit pas. L’inspecteur posa à nouveau sa question, qui resta toujours sans réponse.

- Alors que faisiez-vous le mercredi en fin d’après midi?

L’homme demeura toujours muet. L’inspecteur, se mit en colère :

- Si tu ne réponds pas à mes questions, tu iras en garde à vue.

Soudain un officier de police entra et de s’approcha de l’inspecteur et lui dit à voie basse:

- Inspecteur, grâce aux numéraux du lingot, la banque de France a pu l’identifier, le lingot appartient à madame Huguette Apent.

Puis il se retira. L’oncle de Caroline se calma, s’assit en face, pour lui annoncer que le lingot était bien à madame Huguette Apent.

- J’aimerais bien savoir pourquoi vous avez eu en votre possession?

L’homme le regarda dans les yeux, puis les baissa en disant:

- Je l’ai volé.

L’inspecteur se leva puis sortit de la pièce. Les enfants l’attendaient.

- Il a avoué son vol, vous avez fait du bon travail. Le lingot sera rendu à madame Huguette Apent, après le jugement, dit l’oncle de Caroline.

Ils crièrent:

- Hourra !

L’inspecteur sortit de sa poche un billet de vingt euros et leur dit:

- Allez-vous acheter des friandises, le temps que je finisse de remplir des papiers, après nous irons annoncer la bonne nouvelle à madame Veaudoux.

Marine